Pourquoi la poésie ? Pourquoi mémoriser un texte ?
Voici un premier élément de réponse, plutôt technique, issu des programmes de l’éducation nationale pour le cycle 3 :
« Les compétences acquises en expression orale et en compréhension de l’oral restent essentielles pour mieux maîtriser l’écrit ; de même, l’acquisition progressive des usages de la langue écrite favorise l'accès à un oral plus maîtrisé. La lecture à haute voix et la récitation de textes contribuent à leur compréhension. La mémorisation de textes nourrit l’expression personnelle en fournissant aux élèves des formes linguistiques à réutiliser. Alors que leurs capacités d’abstraction s’accroissent, les élèves élaborent, structurent leur pensée et s’approprient des savoirs au travers de situations qui articulent formulations et reformulations orales et écrites. »
Les programmes parlent de textes, aussi en CM2, les élèves mémorisent des poésies mais également des monologues du théâtre et des répliques cultes du cinéma.
Ils étudient des poèmes de grands auteurs Français comme Hugo, Apollinaire, Prévert, La Fontaine… mais également des textes de la littérature française comme la tirade du nez de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand ou le monologue d’Harpagon dans l’avare de Molière. L’objectif est d’interpréter de jouer la comédie, d’occuper l’espace. Pour cela, il est important de bien comprendre le texte.
Le cinéma n’est pas en reste et pour clôturer l’année en beauté, les CM2 étudient le monologue d’Otis, d’Astérix Obélix : mission Cléopâtre afin que la culture populaire soit également représentée.
« On ne lit pas et on n'écrit pas de la poésie parce que ça fait joli. Nous lisons et nous écrivons de la poésie parce que nous faisons partie de la race humaine ; et que cette même race foisonne de passions. La médecine, la loi, le commerce et l'industrie sont de nobles occupations, et nécessaires pour la survie de l'humanité. Mais la poésie, la beauté et le dépassement de soi, l'amour : c'est tout ce pour quoi nous vivons. Écoutez ce que dit Whitman : « Ô moi ! Ô vie !... Ces questions qui me hantent, ces cortèges sans fin d'incrédules, ces villes peuplées de fous. Quoi de bon parmi tout cela ? Ô moi ²! Ô vie ! ». Réponse : que tu es ici, que la vie existe, et l'identité. Que le spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Que le spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime... Quelle sera votre rime ? », John Keating (Robin Williams), Le cercle des poètes disparus, Peter Weir.